Anvers en 3 jours

Rubens était un personnage aux multiples facettes. Outre le peintre de talent que nous connaissons tous, il était également diplomate, chef de famille, collectionneur d’art et architecte. Où mieux entamer cette immersion dans la ville de Rubens que dans la maison où il a vécu et travaillé ?

Rubens architecte

En 1608, âgé de 31 ans, Rubens revient d’Italie avec une malle remplie d’esquisses et la tête pleine d’idées. Il achète une parcelle de terre avec une habitation dans le quartier de la maison de son grand-père (Meir 54) et la transforme en son propre Palazzetto (petit palais). Prenez une heure pour visiter la maison Rubens et respirez l’atmosphère dans la demeure du maître avant de partir explorer sa ville.

Son propre petit palais sur le Wapper n’est pas encore achevé lorsque Rubens fournit déjà ses services à l’édification de l’église baroque des Jésuites à quelques encablures de chez lui, sur l’actuelle place Hendrik Conscience. L’église Saint-Charles-Borromée est un modèle de grandeur à l’italienne. Avec sa connaissance de l’architecture italienne, Rubens lui emprunte de toute évidence des idées pour la façade, mais son plus grand mérite réside à l’intérieur. Rubens y conçoit la chapelle richement décorée et l’impressionnant maître-autel en marbre. Des 39 plafonds qu’il réalise, il ne reste malheureusement que les esquisses, qui sont conservées dans l’église. Les peintures ont été détruites dans le grand incendie de 1718. Le maître-autel mérite une attention particulière : l’immense tableau, de 4 mètres sur 5 mètres 35, cache d’autres œuvres : par le biais d’un ingénieux système de poulies, on alterne les œuvres à des moments fixes. Le tableau visible est détaché et rangé à la verticale, après quoi une poulie hisse le nouveau tableau. Cela fait 400 ans que le changement se déroule de la sorte. Un spectacle unique ! À l’extérieur de cette église exceptionnelle, la tour – également construite d’après un projet de Rubens – mérite aussi toute votre attention. Pour la contempler dans toute sa splendeur, il faut cependant faire le tour du bloc.

L’église Saint-Charles-Borromée

 

Après la visite de l’église, il est l’heure de déjeuner, ce que vous pouvez faire sur la place italianisante Hendrik Conscience, où vous aurez l’impression, surtout durant les mois d’été, d’être dans le Midi. Prenez place à une des terrasses et imaginez-vous il y a 400 ans, en compagnie de Rubens venant contempler à cet endroit précis la réalisation de son projet.

La place italianisante Hendrik Conscience

 

Homme du monde

Derrière la façade qui jouxte l’église Saint-Charles-Borromée se niche un secret public : la salle Nottebohm, une des plus belles et plus anciennes bibliothèques de Belgique, fait partie de la bibliothèque patrimoniale Hendrik Conscience. Outre un million et demi de livres, la salle exclusive possède un globe céleste et terrestre, tous deux d’un diamètre de 68 cm et réalisés par Willem Jansz. Blaeu, un contemporain de Rubens. L’accès public à la salle Nottebohm est limité. Une visite guidée de la bibliothèque patrimoniale – avec la salle Nottebohm comme apogée – dure deux heures et peut se réserver via un lien sur le site. Organisez cette visite bien à l’avance, ou revenez, car cela en vaut vraiment la peine.

La salle Nottebohm dans la bibliothèque patrimoniale Hendrik Conscience

 

Après le déjeuner et avant de visiter la dernière demeure du maître, vous avez l’occasion d’explorer le cœur de la ville de Rubens.

Prenez un bref instant pour saluer votre hôte sur la Groenplaats (place Verte). Depuis 1841, sa statue y trône sur un grand socle d’où il tient ses concitoyens à l’œil.

La Groenplaats (place Verte)

 

En chemin vers la Groenplaats, n’oubliez pas de jeter un coup d’œil au portail de la cathédrale, dans la Papenstraatje à votre main gauche. Bien que la Brasserie Appelmans soit aujourd’hui établie à cet endroit, c’est ici que se trouvait l’école latine que Rubens a fréquentée à l’âge de douze ans, lorsque sa mère est revenue s’installer à Anvers.

Prenez certainement le temps de visiter la Cathédrale Notre-Dame, situé Handschoenmarkt (Marché aux Gants), dans laquelle non moins de quatre œuvres mondialement célèbres de Rubens vous séduiront. Le maître a d’ailleurs peint L’Érection de la Croix sur place. À partir de l’été 2016, le jardin de la cathédrale est également ouvert au public. Un lieu vivement conseillé pour qui recherche le calme au milieu du centre-ville animé.

Par le Suikerrui (canal au Sucre), vous arrivez aux quais de l’Escaut où vous pouvez flâner sur la promenade qui débute au Steen – l’ancien château fort – en direction du sud, à contre-courant du fleuve. Anvers doit son existence à ce cours d’eau qui, depuis des siècles, permet à des navires, des marchandises et des hommes d’arriver jusqu’au cœur de la ville.

La promenade

 

Sous la tour de l’église

Avant de donner libre cours à l’amateur de shopping qui sommeille en vous, nous vous conseillons de visiter l’église Saint-Jacques dans la Lange Nieuwstraat. L’imposante église surgit de façon quelque peu inattendue entre les maisons, mais son intérieur offre une harmonie parfaite entre gothique et baroque : l’élégance médiévale et la flamboyance du XVIIe siècle s’y marient parfaitement. Il s’agit de l’église paroissiale de Rubens. Au faste des autels et des chapelles, on devine que cette église comptait parmi ses paroissiens un grand nombre de personnes fortunées. Rubens et sa famille y ont leur dernière demeure. Une de ses peintures orne l’autel de sa chapelle funéraire.

l’église Saint-Jacques

 

À présent, il est temps de découvrir le Meir. Cette spectaculaire artère commerçante piétonne est perpendiculaire à la Lange Nieuwstraat (Longue rue Neuve) où vous étiez encore tout à l’heure. Au numéro 54, entre les magasins des chaînes les plus connues qui émoustilleront les accros du shopping, se trouve la maison du grand-père de Rubens, Jan Pijpelinckx. Lorsque la famille Rubens revient à Anvers, après avoir séjourné un temps en Allemagne, elle s’installe brièvement à cet endroit. Jetez certainement un coup d’œil à la frise tout en haut, où vous apercevrez un nom connu sur la façade.

Poursuivez votre promenade jusqu’à la gare et profitez en chemin de l’architecture du XIXe et du XXe siècle, pour laquelle il vous faudra regarder au-dessus des magasins.

Trouver la Gare Centrale ne vous demandera aucun effort : ce n’est pas pour rien qu’elle a la réputation d’être la plus belle gare du monde. Et ce ne sont pas seulement les Anversois qui le disent ! Jetez un coup d’œil à l’extérieur et à l’intérieur !

La Gare Centrale

 

Tant de styles, tant de cultures

À la gare, nous vous conseillons de prendre un « Velo » (nom des vélos en libre partage) et de pédaler jusqu’à la Dageraadplaats (place de l’Aube). Cette charmante place, au milieu du quartier du Zurenborg, offre un grand nombre de restaurants. Ici, la diversité culturelle d’Anvers est manifeste, un concept également applicable à la métropole du temps de Rubens.

La Dageraadplaats

 

En passant par la Draakplaats (place du Dragon), vous arrivez facilement à la dernière halte de la journée : la Cogels-Osylei. Bien qu’aménagée des siècles après Rubens, le maître aurait certainement donné son approbation à l’architecture éclectique Belle Époque de la rue. Le terme « Belle Époque » est éloquent. Les maisons sont chacune des prouesses architecturales. Une somptueuse image à garder à l’esprit avant de s’endormir.

La Cogels-Osylei

 

Meilleurs amis

Et si nous allions rendre visite à des amis du maître après le petit-déjeuner ? Rubens ne travaillait pas seul dans son atelier, mais de temps à autre, il sollicitait l’aide de son ami Jan Brueghel l’Ancien. Des collaborations entre peintres étaient fréquentes à l’époque, certainement s’ils se complétaient aussi bien que le Brueghel de Velours et Rubens. Le musée Museum Mayer Van den Bergh a consacré une de ses salles à la famille Brueghel. Jan Brueghel l’Ancien était un ami de Rubens, mais ce dernier avait beaucoup de respect pour l’œuvre du père de Jan, Pieter Brueghel l’Ancien. Pour voir des œuvres de sa main en Flandre, il faut se rendre dans ce musée où est exposé un de ses tableaux les plus connus, Margot la Folle, dont il n’existe pas de copie, contrairement à de nombreuses autres œuvres de Brueghel l’Ancien. En appliquant la devise « les amis de Rubens sont nos amis », nous ne pouvons pas faire l’impasse sur ce musée.

Margot la Folle

 

Qui passe à travers l’Elzenveld après sa visite au musée arrive dans le Jardin botanique de la ville. Depuis 200 ans, la ville y rassemble plus de 2 000 espèces de plantes, sélectionnées en raison de leurs vertus curatives ou d’autres propriétés uniques pour l’hôpital Élisabeth adjacent. Bien que Rubens n’ait jamais visité le Jardin botanique d’Anvers, il a étudié beaucoup de jardins durant son voyage en Italie. Des exemples qui ont servi à l’aménagement du jardin de son petit palais. Profitez surtout des plantations bien entretenues et de la quiétude.

Le Jardin botanique

 

Toutes ces herbes et plantes ont dû vous ouvrir l’appétit. Pas de meilleur endroit pour déjeuner que le Théâtre Bourla, ou les établissements aux alentours, au cœur du « Quartier latin », ou Quartier du Théâtre, qui était déjà au XVIe et au XVIIe siècle le coin des artistes par excellence. Jan Brueghel l’Ancien y avait son atelier. Y aurait-il donc quelque chose de particulier dans l’air ?

Le Théâtre Bourla

 

Après le déjeuner, nous poursuivons notre exploration du quartier et rendons visite à un ami d’enfance de Rubens au Musée Plantin-Moretus, situé sur l’agréable Vrijdagmarkt (Marché du Vendredi). À l’école latine, le jeune Pierre Paul rencontre Balthasar Moretus. Entre les jeunes gens se noue une amitié à vie. Balthasar est le petit-fils de l’imprimeur-éditeur Christophe Plantin dont l’imprimerie produira et diffusera les gravures de Rubens. Un conseil : au musée du maître imprimeur, cherchez un carnet de croquis de Rubens dans lequel il a fait 44 dessins à la plume inspirés de La Danse macabre, une série de dessins du célèbre peintre et graveur du XVIe siècle, Hans Holbein.

Le musée Plantin-Moretus

 

Si vous visitez le musée un vendredi, vous profiterez d’un spectacle supplémentaire sur la place du Marché du vendredi. Une fois par semaine, les huissiers y vendent aux enchères le mobilier qu’ils ont saisi. Outre beaucoup de pacotilles, on peut parfois y dénicher de véritables trésors.

 

Ancien et nouveau

Des trésors se trouvent aussi à la Kloosterstraat (rue du Cloître), pour qui sait chiner. Une rue chère à Rubens. Non seulement parce qu’elle abrite la demeure de son beau-père, Jan Brant, où Rubens et sa toute nouvelle épouse Isabella ont habité un temps après leur mariage, mais aussi pour les boutiques d’antiquités et de brocantes qu’il aurait sans aucun doute appréciées. Rubens était un grand amateur et collectionneur d’art et d’objets. Qui a de la place dans ses bagages peut toujours faire de bonnes affaires chez les nombreux antiquaires qui vantent leurs articles dans la rue du mercredi au dimanche.

La Kloosterstraat

 

Pour qui est plus féru de mode que d’antiquités, le Musée de la Mode est à quelques pas de là. Qui a bien observé la statue de Rubens sur la place Verte et ses autoportraits aura constaté qu’il était tout sauf vêtu de façon miteuse. Si Anvers est aujourd’hui sur la carte mondiale de la mode, on peut sans aucun doute l’attribuer au mérite de ses créateurs contemporains, mieux connus comme « les Six d’Anvers », même s’il ne faut jamais chercher très loin le lien avec les grands maîtres du XVIIe siècle. Ainsi, Dries Van Noten s’inspire de Rubens et de Van Dyck pour ses créations. Le Musée de la Mode est le temple de la mode à Anvers et une ode à la métropole.

Le Musée de la Mode

 

Tunnel avec vue

Nous allons passer la fin de l’après-midi sur la rive gauche. Hier nous avons flâné le long du fleuve, côté rive droite, aujourd’hui nous allons découvrir la vue de l’autre côté. Vous pouvez vous y rendre en tram, mais la promenade sous l’eau est nettement plus sportive. Au Sint-Pietersvliet (canal Saint-Pierre), vous plongez dans le tunnel pour piétons Sint-Anna. Précisément 572 mètres plus loin, vous remontez à la surface de l’autre côté de l’Escaut d’où vous pouvez admirer la ligne d’horizon de la ville de Rubens qui s’étend devant vous. Vous pouvez revenir aussitôt, rester sur place et faire une promenade le long du fleuve en direction de la plage Sint-Anneke, ou vous écarter davantage et découvrir le parc du Galgenweel, un endroit idéal pour un agréable pique-nique, une promenade bénéfique, ou pour exercer un sport nautique. Un atout supplémentaire d’Anvers.

Pour le dîner, nous repartons vers la rive droite et nous rendons dans le quartier sud la ville, connu sous le nom de « Zuid ». Le Musée Royal des Beaux-Arts est fermé jusqu’en 2019 pour rénovation, mais ce quartier parmi les plus branchés de la ville compte d’innombrables restaurants. Qui désire faire une promenade en direction du Vlaamse Kaai passe par la Waterpoort (porte d’Eau), un monument construit d’après un projet de Rubens qui donnait autrefois accès à la ville. Profitez de l’ambiance conviviale, de la variété de l’offre du quartier et de la ville.

Un conseil pour qui souhaite encore faire une sortie après le dîner : consultez le site www.lastminuteticketshop.be. Le vendredi et samedi, dès 9 h du matin, le site propose des billets pour divers spectacles le soir même à Anvers, à 50 % du prix. À tenir à l’œil !

 

Culture pour fins gourmets

Qui a prolongé le programme de sa soirée hier ou a simplement profité de la ville jusqu’aux petites heures préférera commencer sa journée un peu plus tard. Le dimanche, au foyer en style XIXe siècle du centre international de musique AMUZ, on vous sert le brunch de 10 h à 13 h. Outre sa programmation originale, l’ancienne église baroque qui héberge AMUZ constitue un grand atout pour les mélomanes. Nous ne pouvons que conseiller vivement à celui qui a le temps et l’envie d’assister à un concert dans cette ancienne abbatiale des Augustins. La musique que les programmateurs choisissent remonte souvent à l’époque de Rubens et cadre particulièrement bien avec son œuvre. Fermez les yeux et ouvrez les oreilles ! Il est conseillé de réserver, aussi bien pour le brunch que pour les concerts.

Le centre international de musique AMUZ

 

Après un brunch au calme, on se dirige à nouveau vers le jardin arrière de Rubens. Le dimanche, sur la Theaterplein (le parvis du Théâtre) et l’Oude Vaartplaats (place de l’Ancien Canal) se tient le « marché aux oiseaux ». Au XVIe siècle, ce marché de volaille et de petit bétail se tenait sur le Meir, mais au XXe siècle, il a déménagé vers le lieu actuel. Vous n’y trouverez plus de petit bétail, mais du reste on y vend de tout : de boucles de ceinture à des poules. Et le samedi ? Sur cette même place se tient le marché exotique dont les riches et abondants parfums méridionaux exalteront tous les fins gourmets.

 

Sur une île habitée

Nous poursuivons notre chemin vers le nord d’Anvers. Précédemment, nous avons découvert les talents d’architecte de Rubens. Il avait une vision remarquable de l’architecture et a collaboré à de nombreux projets de construction à l’intérieur des remparts de la ville. Du vivant de Rubens, on prévoit une expansion de la ville à laquelle il souhaite volontiers participer. Il puise pour cela des idées à Gênes, qu’il présente de manière détaillée dans son recueil de gravures Palazzi di Genova. En raison du déclin économique de la ville après la fermeture de l’Escaut, l’extension n’a pas lieu, du moins pas au tournant du XVIe et du XVIIe siècle. Il faudra attendre bien des années pour la voir se réaliser à ce même endroit, à savoir le quartier dit « Eilandje » (îlot), qui vient de connaître un extraordinaire essor au cours de ces dernières années. Les fonctions d’habitation, de loisir et de commerce y sont harmonieusement réparties. Ce qui accroche d’emblée l’attention est sans aucun doute le Museum aan de Stroom (Musée au bord du fleuve), plus connu sous le nom de MAS. Qui dispose de temps peut visiter les différentes expositions du musée, mais nous vous conseillons surtout de monter tout en haut pour la vue imprenable sur la ville, l’Escaut et le port de plaisance.

Museum aan de Stroom, pfoto: Sarah Blee.

 

De la terrasse, vous apercevez aussi le Musée Red Star Line au bord de l’Escaut. D’ici, deux millions de personnes en quête d’une vie meilleure sont parties vers l’Amérique, pour y poursuivre leurs rêves. Si le musée des émigrants de la fin du XIXe siècle ne se trouve pas sur les chemins empruntés par Rubens, il n’en est pas moins un lieu vivement recommandé pour qui reste plus longtemps ou reviendra.

Le musée Red Star Line , pfoto: Filip Dujardin.

 

Si vous sentez une petite faim après votre petit-déjeuner tardif, vous n’auriez pas pu être mieux tombé que dans le quartier de l’Eilandje avec ses nombreux restaurants. Tout en haut du MAS, vous pouvez repérer les terrasses et les tables libres.

Ne quittez surtout pas l’Eilandje sans entrer au Sint-Felix Pakhuis (entrepôt Saint-Félix). Bien que le bâtiment ait été réaffecté il y a quelques années et abrite désormais, entre autres, les archives municipales d’Anvers, il respire toujours l’atmosphère des grands entrepôts du XIXe siècle. Les bâtiments hébergent des commerces et les archives, mais la majestueuse rue intérieure est ouverte aux piétons.

Le Sint-Felix Pakhuis

 

Un bol d’air frais

Avant de clôturer votre visite d’Anvers, nous vous emmenons découvrir un lieu encore un peu plus en dehors du centre-ville, le Park Spoor Noord. Ce parc met en lumière la réhabilitation d’Anvers et la réaffectation de ses espaces vides. Une équipe renommée d’architectes italiens a transformé les anciens terrains de la gare ferroviaire désaffectée en une oasis verte consacrée au sport et aux loisirs. Il est probable que Rubens et ces architectes aient en commun l’Italie et leur vision. Un Rubens contemporain aurait sans aucun doute encouragé ce projet.

Le Park Spoor Noord

 

En clôture de ces trois jours sur les pas de Rubens, nous descendons sous terre. À l’époque de Rubens, Anvers était une ville d’eau, à l’instar d’Amsterdam et de Bruges. Canaux, ruisseaux et fortifications veillaient à la défense du centre de la ville en expansion et facilitaient le transport des marchandises. Au fil du temps, ils sont cependant devenus des égouts à ciel ouvert et tous les déchets de la ville s’y accumulaient. En raison de l’effet des marées sur ces voies d’eau, la ville pouvait sentir très mauvais à marée basse. Afin d’échapper à cette puanteur, Rubens faisait quotidiennement une promenade à cheval le long des remparts de la ville ou même au-delà. Il pouvait alors respirer l’air frais indispensable qui faisait tellement défaut dans le centre-ville animé d’Anvers. Lorsqu’il fut décidé à un moment donné de couvrir les canaux ouverts, tout le parcours des voies d’eau est devenu souterrain, dérobé à la vue et à l’odorat des gens. Si vous souhaitez avoir une idée de l’apparence de la ville à l’époque de Rubens, il faut aller sous terre. La Ruihuis (maison des canaux) au Suikerrui, vous donne accès au réseau sous-terrain. En compagnie d’un guide ou de votre propre chef, vous pouvez ainsi découvrir le tracé médiéval de la ville que vous avez explorée durant trois jours en surface.

Le réseau sous-terrain, pfoto: Jan Crab

 

Le plus bel au revoir

Pour terminer en beauté, la ville vous a réservé ce qu’elle a de plus beau à offrir. Derrière la petite porte du 16, Oude Koornmarkt (Vieux Marché aux Grains), un autre univers secret s’ouvre à vous. Le Vlaeykensgang, où vivaient autrefois les plus démunis, est aujourd’hui une oasis de tranquillité et un endroit idéal pour écouter le carillon. Le grand Pierre Paul fréquentait-il ce type de venelles, sachant que de son vivant, ce passage ne devait visiblement pas être aussi charmant ? Il existe deux autres sorties que celle par laquelle vous êtes entré.

Le Vlaeykensgang

 

À votre sortie, vous retrouvez les rues animées, et il est l’heure de dîner. Prenez le temps de vous promener dans les ruelles autour de la Grand-Place ou du Suikerrui. Choisissez un bel endroit et trinquez avec un apéritif approprié à la santé de votre nouvelle amitié avec Pierre Paul Rubens. Il aimait suffisamment Anvers pour ne pas repartir en Italie, mais pour faire de la ville son port d’attache. Espérons que tous les atouts de la ville de Rubens ont su vous convaincre de sa magie.

La Grand-Place

 

Au plaisir de vous revoir à Anvers !

 

Haltes de cette promenade

  • Maison Rubens – Wapper 9-11 – ouverte tous les jours de 10 h à 17 h. Fermée le lundi, le 1/1, 1/5, le jeudi de l’Ascension, 1/11, 25/12. – www.rubenshuis.be – 8 € /6 € – Billet combiné Maison Rubens et Museum Mayer van den Bergh @ 10 €.
  • Église Saint-Charles-Borromée – Hendrik Conscienceplein – ouverte du mardi au samedi de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h. Dimanche et jours fériés : seulement ouverte pour l’office – www.mkaweb.be – entrée libre.
  • Bibliothèque patrimoniale Hendrik Conscience/Salle Nottebohm – Korte Nieuwstraat – www.consciencebibliotheek.be.
  • Cathédrale Notre-Dame – Handschoenmarkt – ouverte du lundi au vendredi de 10 h à 17 h, le samedi de 10 h à 15 h, le dimanche et les jours fériés de 13 h à 16 h – www.dekathedraal.be – 6 € / 4 €.
  • Église Saint-Jacques – Lange Nieuwstraat 73/75 – ouverte du lundi à dimanche : de 14 h à 17 h. Fermée du 1er novembre au 31 mars – www.sintjacobantwerpen.be – 4 €.
  • Museum Mayer van den Bergh – Lange Gasthuisstraat 19 – ouvert du mardi à dimanche : de 10 h à 17 h. Fermé le lundi et les jours fériés – www.museummayervandenbergh.be – 8 € / 6 € – Billet combiné Museum Mayer van den Bergh et Maison Rubens @ 10 €.
  • Jardin botanique – Leopoldstraat 24 – ouvert du lundi au dimanche : de 10 h à 17 h 30 – gratuit.
  • Théâtre Bourla – Komedieplaats 18 – www.bourlaschouwburg.nu.
  • Musée Plantin-Moretus – Vrijdagmarkt 22 – www.museumplantinmoretus.be – ouvert du mardi à dimanche : 10 h – 17 h, fermé le lundi. – 8 € / 6 €.
  • Musée de la Mode – Nationalestraat 28 – www.momu.be – ouvert du mardi à dimanche : de 10 h à 18 h, fermé le lundi – 8 € / 6 € / 3 €.
  • Het Galgenweel – Beatrijslaan 92 – 2050 Anvers.
  • AMUZ – Kammenstraat 81 – www.amuz.be.
  • Machés – Oudervaartplaats/theaterplein – samedi de 8 à 16 heures – dimanche de 8 à 13 heures – Autres marchés : www.visitantwerpen.be/detail/markten-211294.
  • MAS – Hanzestedenplaats 1 – expositions : ouvertes tous les jours de 10 h à 17 h. Fermées le lundi, le 1/1, 1/5, le jeudi de l’Ascension, 1/11, 25/12 – boulevard vertical et panorama : ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 22 h (du 1er novembre au 31 mars) et jusqu’à 24 h (du 1er avril au 31 octobre) – www.mas.be – expo : 10 € / 8 € – boulevard (vertical) et panorama : gratuit.
  • Red Star Line Museum – Montevideostraat 3 – ouvert tous les jours de 10 h à 17 h. Fermé le lundi, le 1/1, 1/5, le jeudi de l’Ascension, 1/11, 25/12 – www.redstarline.be – 8 € / 6 €.
  • Felix Pakhuis – Godefriduskaai 30.
  • Park Spoor Noord – Ellermanstraat.
  • Ruihuis – Suikerrui 21 – ouverte du mardi au vendredi : de 10 à 17 heures, samedi et dimanche : de 10 à 18 heures, fermée le lundi – www.ruien.be – 16 €/10 €.
  • Vlaeykensgang – Oude Koornmarkt 16.

 

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Anvers en 3 jours (pdf)

 

Concept : Rubenshuis
Élaboration : www.mindyourwords.be